En matière de vitrail, la Sarthe possède un patrimoine exceptionnel. Par ailleurs, les églises rurales sont également parées de lumière grâce à des verrières installées depuis le XVème siècle. On appelle vitraux les grands panneaux de verre, souvent colorés, qui ornent les églises, surtout les églises gothiques. L'ensemble des divers vitraux enchâssés dans du bois, de la pierre ou du plomb, et dont se compose une fenêtre, une rosace, etc., prend les noms de verrière ou de vitrine.
Ceux du XXIIIème siècle sont particulièrement fragiles car ils ont été fabriqués à base de fondant potassique (généralement des cendres de végétaux contenant de la potasse). Les vitraux exposés aux intempéries subissent alors un phénomène de «dissolution» : les eaux de pluie pénètrent dans le verre et contribuent à la formation de gypse et de syngénite à partir de potassium. Les vitraux de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance ont, quant à eux, été fabriqués à base de verres sodiques, beaucoup plus solides. Reste qu'un vitrail est coloré, le plus souvent par des oxydes métalliques. Les vitraux étant les parties les plus froides des monuments, ils subissent toutes les condensations de l'air intérieur ambiant. Aussi, si les vitraux du seizième siècle restent en relativement bon état pour leur partie extérieure, leur face intérieure brunit, par oxydation du manganèse contenu dans les peintures.
Dès le début du XIIIème siècle, grâce aux principes de construction gothique, on arrivera alors à réduire les surfaces murales pour les remplacer par de multiples baies, par transformer les oculi en de grandes roses. Progressivement la baie s'agrandit, se divise en lancettes séparées par des meneaux de plus en plus minces et surmontées par des rosaces aux formes compliquées. Ces modifications profitent au vitrail qui occupe les espaces libérés par les murs.
Une autre découverte sera celle de l’emploi du Jaune d’argent, c’est à dire de sels d’argent qui une fois cuit au four donne une couleur or. Cela va permettre aux artistes une plus grande invention des motifs sans avoir à séparer deux couleurs par un plomb qui était la règle jusqu’à cette invention. A la fin du XVème siècle, le vitrail opère en France un retour à la couleur et connaît jusqu'en 1560 un essor privilégié. Près des deux tiers des vitraux conservés en France datent de cette époque. La pratique des émaux de couleur, commencée à la fin du XVème siècle, connaît des applications de mieux en mieux exécutées, notamment pour réaliser les paysages qui animent dès lors le fond des verrières encadrées par de vastes architectures à l'italienne.
Après 1560 l'art du vitrail allait subir une longue période de décadence sur plus de deux siècles. Les guerres de religions et les difficultés économiques arrêtèrent de nombreux chantiers. Les artisans étaient généralement condamnés à exécuter des travaux d'entretien et de restauration à la suite des désastres causés par les guerres de religion notamment en 1562. Un grand nombre de verrières furent détruites et d'autres irrémédiablement mutilées et transformées. Certains ateliers connurent même des difficultés pour s'approvisionner en verre de couleur.
Aux XVIIème et XVIIIème siècles on continue à faire des vitreries blanches rehaussées de bordures de couleurs, florales ou armoriées. Le département de la Sarthe par le développement de l’art du retable ouvrira ou transformera ces baies en y incorporant des vitreries claires aux motifs géométriques variés. Pourtant, au XVIIIème siècle, le vitrail retrouva encore quelques adeptes à la peinture sur verre.
A la fin du XVIIIème siècle, le vitrail en France semble devoir disparaître, d'autant que les destructions révolutionnaires furent très importantes. On démolit un grand nombre de verrières uniquement pour en récupérer le plomb.
La renaissance du vitrail en France ne débuta qu'en 1830, grâce à la fondation à la Manufacture Royale de Sèvres, d'un atelier de peinture sur verre qui resta actif jusqu'aux années 1855. Cette création donna une grande impulsion à la profession; les fabriques des vitraux s'ouvrirent un peu partout en France : celles d'Antoine Lusson et d'Henri Gérente au Mans, du premier atelier ecclésiastique fondé par les pères de Sainte Croix au Mans